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Qui paie les frais de notaire lors d'une succession ? | Réussir une Succession

17 juillet 2026 · 6 min de lecture · Réussir une Succession

Qui paie les frais de notaire

Lors d'une succession, les frais de notaire sont prélevés sur l'actif successoral et supportés collectivement par les héritiers au prorata de leurs droits dans la succession. Contrairement à un achat immobilier classique où l'acquéreur supporte seul ces frais (article 1593 du Code civil), une succession n'implique pas d'acheteur : les frais sont imputés sur la masse successorale avant tout partage, chaque héritier en assumant indirectement sa quote-part.

En succession, qui paie les frais de notaire ?

Les émoluments du notaire (sa rémunération réglementée), les débours (frais avancés pour le compte de la succession) et les droits et taxes perçus pour le compte de l'État sont payés collectivement par les héritiers. En pratique, le notaire prélève ces sommes sur l'actif successoral (comptes bancaires du défunt, produit de la vente d'un bien hérité, etc.) avant de procéder au partage. Chaque héritier supporte donc une fraction des frais proportionnelle à sa part dans la succession.

Cette logique diffère radicalement de celle d'une vente immobilière entre particuliers, où l'acquéreur paie seul les frais au moment de la signature de l'acte authentique.

Frais de notaire en succession : une logique différente de l'achat immobilier

L'article 1593 du Code civil fixe une règle claire pour les ventes : « Les frais d'actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur. » Dans ce cas, l'acquéreur verse au notaire une somme globale (prix de vente + frais) que ce dernier redistribue ensuite aux administrations et aux tiers concernés.

En succession, il n'y a pas d'acheteur. Les frais liés à la liquidation de la succession (acte de notoriété, attestation immobilière, déclaration de succession) sont prélevés sur l'actif commun avant toute répartition entre héritiers. Si un bien immobilier fait partie de la succession, les frais correspondant à son évaluation et à son inscription dans l'inventaire successoral sont inclus dans cette masse de frais partagés.


Quels frais de notaire sont dus dans une succession ?

Les frais se décomposent en trois postes distincts :

  • Émoluments du notaire : tarif réglementé par le décret du 26 février 2016 modifié, proportionnel à l'actif successoral brut (valeur des biens du défunt). Ces émoluments rémunèrent la rédaction des actes (acte de notoriété, attestation immobilière, déclaration de succession) et le suivi administratif du dossier.
  • Débours : frais avancés par le notaire pour le compte de la succession (publication au fichier immobilier, copies d'actes d'état civil, extraits de cadastre, etc.). Le notaire les facture au réel, sans marge.
  • Droits et taxes : droits de mutation à titre gratuit (droits de succession) calculés sur la part nette de chaque héritier selon le barème de l'article 777 du Code général des impôts, après application des abattements légaux. Ces droits sont reversés au Trésor public.

À savoir : les droits de succession (impôt personnel dû par chaque héritier) ne doivent pas être confondus avec les frais de notaire. Les premiers sont calculés individuellement sur la part nette reçue par chaque héritier ; les seconds sont prélevés sur la masse successorale avant le partage. Le rôle du notaire dans une succession permet de coordonner ces deux aspects.

Pour en savoir plus sur la structure tarifaire, consultez le détail des honoraires du notaire pour une succession.


Comment les frais sont-ils répartis entre les héritiers ?

Les frais sont imputés sur l'actif successoral avant le partage : chaque héritier les supporte donc indirectement au prorata de sa part. Concrètement, le notaire déduit les frais de la masse successorale, puis répartit le solde entre les héritiers selon leurs droits respectifs.

Cas concrets :

  • Succession avec un seul héritier : il supporte l'intégralité des frais puisqu'il recueille l'intégralité de la succession.
  • Succession avec plusieurs héritiers en indivision : les frais sont prélevés sur l'actif commun. Un héritier qui recueille 50 % de la succession supporte 50 % des frais, un cohéritier à 25 % en supporte 25 %, etc.
  • Rachat de parts entre cohéritiers après ouverture de la succession : si un héritier rachète les droits d'un autre (licitation ou partage avec soulte), il supporte des frais complémentaires calculés sur la valeur des droits acquis. Ces frais s'ajoutent à ceux déjà prélevés sur la succession initiale.

L'acte de notoriété, son rôle et son coût constitue souvent la première étape facturée dans le déroulement d'une succession.


Le vendeur (ou l'héritier vendeur) peut-il prendre les frais à sa charge ?

Si les héritiers décident de vendre le bien hérité avant ou après le partage, les règles redeviennent celles d'une vente immobilière classique : les frais sont à la charge de l'acheteur (article 1593 du Code civil), sauf clause « acte en main » négociée entre les parties.

Une clause « acte en main » stipule que le vendeur (ici, les héritiers vendeurs) prend en charge tout ou partie des frais de notaire normalement dus par l'acquéreur. Cette clause doit être intégrée au compromis de vente et rappelée dans l'acte authentique.

Point de vigilance : en cas de revente ultérieure du bien par l'acquéreur, si celui-ci n'a pas supporté les frais de notaire (clause « acte en main »), il ne pourra pas les déduire de son prix d'acquisition pour le calcul de sa plus-value imposable. Cette règle fiscale peut réduire l'avantage apparent de la clause pour l'acquéreur.


Comment calculer le montant des frais de notaire pour une succession ?

Le montant des émoluments du notaire est calculé sur l'actif successoral net : valeur des biens (immobilier, comptes bancaires, placements, etc.) moins les dettes du défunt (crédits en cours, factures impayées, frais d'obsèques, etc.).

Le barème réglementé (décret du 26 février 2016) fixe des taux dégressifs par tranches de valeur. Ces taux sont appliqués successivement à chaque tranche de l'actif successoral, de la même manière que le barème de l'impôt sur le revenu. Plus l'actif est élevé, plus le taux marginal applicable diminue.

Pour obtenir une estimation chiffrée adaptée à votre situation, utilisez le simulateur de droits de succession : il calcule à la fois les droits de succession individuels (dus par chaque héritier au fisc) et une estimation des frais de notaire prélevés sur la succession.

À savoir : les frais de notaire pour une succession ne sont pas les mêmes que les droits de succession. Les premiers rémunèrent le notaire et financent les formalités administratives (publication, copies, etc.). Les seconds sont un impôt calculé sur la part nette de chaque héritier selon le barème de l'article 777 du Code général des impôts, après application des abattements légaux (100 000 € entre parent et enfant, par exemple). Ces deux postes sont cumulatifs.

Rappel important : cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Toute décision de répartition des frais dans une succession doit être sécurisée par un acte notarié et un conseil adapté à votre situation, notamment en présence d'indivision, de donations antérieures ou de clauses particulières.


Émoluments du notaire : le détail poste par poste

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

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