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Acte de notoriété : rôle, coût et démarche | Réussir une Succession

17 juillet 2026 · 8 min de lecture · Réussir une Succession

Acte de notoriété : rôle et coût

Acte de notoriété : à quoi ça sert et combien ça coûte

Un acte de notoriété est un document établi par notaire qui identifie les héritiers d'une personne décédée et atteste de leurs droits dans la succession. Ce document s'impose dès que les sommes sur les comptes bancaires du défunt dépassent un certain seuil (5 965 € en 2026 selon plusieurs sources de vulgarisation juridique, montant à vérifier sur service-public.fr au moment de votre démarche). Sans acte de notoriété, vous ne pourrez pas débloquer les fonds, vendre un bien immobilier hérité ni accomplir la plupart des formalités de succession.


1. Ce que prouve l'acte de notoriété

L'acte de notoriété est un acte authentique dressé par un notaire. Il constate l'identité de chaque héritier, son lien de parenté avec le défunt et la part de succession qui lui revient. Selon l'article 730-1 du Code civil, cet acte fait foi de la qualité d'héritier jusqu'à preuve contraire : il constitue donc une preuve légale opposable aux tiers (banques, administrations, compagnies d'assurance).

L'acte de notoriété ne doit pas être confondu avec deux autres documents :

  • Le certificat d'hérédité, délivré autrefois par le maire, a été supprimé par la loi du 23 juin 2006. Il n'existe plus depuis 2017.
  • L'attestation de dévolution successorale (ou attestation immobilière), qui est un acte plus complet établi par le notaire lorsque la succession comporte un bien immobilier. L'acte de notoriété est généralement établi en premier, puis sert de base à cette attestation.

Qui peut l'établir ?

Seul un notaire est compétent pour dresser un acte de notoriété depuis la loi du 23 juin 2006 (article 730-1 du Code civil). Avant 2017, le juge d'instance pouvait également l'établir dans certaines situations, mais cette compétence judiciaire a été supprimée : le notariat a désormais un monopole complet sur cet acte.


2. Dans quels cas l'acte de notoriété est-il obligatoire

Trois situations rendent l'acte de notoriété indispensable :

Déblocage d'un compte bancaire au-delà du seuil légal
Les établissements bancaires exigent un acte de notoriété dès que le montant total des avoirs du défunt dépasse 5 965 € en 2026 (seuil revalorisé chaque année, à vérifier sur service-public.fr). En dessous de ce seuil, une simple attestation sur l'honneur signée par tous les héritiers peut suffire, conformément à l'article 23 de la loi du 23 juin 2006.

Vente ou donation du bien immobilier hérité
Aucune mutation immobilière ne peut être enregistrée sans acte de notoriété préalable. Même si vous n'avez pas l'intention de vendre immédiatement, le notaire vous demandera cet acte pour établir l'attestation immobilière qui permet de faire inscrire le bien à votre nom au service de publicité foncière.

Toute démarche nécessitant de justifier la qualité d'héritier
L'administration fiscale, les compagnies d'assurance-vie (pour les capitaux hors clause bénéficiaire), les organismes de retraite ou toute autre entité détenant un actif du défunt peuvent exiger la présentation de l'acte de notoriété pour vérifier que vous êtes bien héritier et dans quelle proportion.

À savoir
En dessous du seuil de 5 965 €, une attestation sur l'honneur signée par l'ensemble des héritiers suffit pour débloquer les comptes bancaires (art. 23 loi du 23 juin 2006). Ce cas reste limité aux sommes modestes et ne dispense jamais de l'acte de notoriété pour l'immobilier ou les démarches avec des tiers exigeant une preuve authentique.


3. Combien coûte un acte de notoriété

Le coût de l'acte de notoriété se compose d'un émolument fixe réglementé et de frais annexes variables.

Tarif réglementé de base
L'émolument du notaire pour la rédaction de l'acte de notoriété est encadré par le décret n° 2016-230 du 26 février 2016 relatif aux tarifs réglementés des notaires. Pour 2026, plusieurs sources de vulgarisation juridique indiquent un montant compris entre 56,60 € HT (environ 68 € TTC) et 57,69 € HT (69,23 € TTC). Ces écarts peuvent correspondre à des revalorisations tarifaires ou à des arrondis selon la date de mise à jour des sources. Vous devez vérifier le tarif exact en vigueur au moment de votre démarche sur une source officielle (service-public.fr ou legifrance.gouv.fr) ou directement auprès du notaire.

Frais annexes
Plusieurs frais s'ajoutent à l'émolument de base :

  • Débours : frais divers payés par le notaire pour votre compte (demande de documents d'état civil, frais postaux, etc.).
  • Copies authentiques et attestations : coût des copies délivrées aux héritiers et aux établissements bancaires.
  • Droits d'enregistrement : pour certains actes liés à la succession, notamment immobiliers, un droit fixe d'enregistrement peut s'appliquer (montant souvent évoqué autour de 25 €, à confirmer sur une source officielle).
  • Recherches généalogiques : si la situation familiale du défunt est complexe ou si un héritier est inconnu, le recours à un généalogiste professionnel génère des honoraires libres qui peuvent augmenter significativement le coût global.

Dans la pratique, le coût total (émolument + débours + éventuels droits d'enregistrement) se situe souvent entre 100 et 300 €, avec des variations selon la complexité du dossier et le nombre de copies nécessaires. Ces montants sont des ordres de grandeur observés dans la pratique notariale, non des tarifs réglementaires fixes.

Pour comparer l'ensemble des frais de notaire dans une succession, voir Honoraires du notaire pour une succession : prix d'un notaire.


4. Qui paie l'acte de notoriété

Principe général
Les frais de l'acte de notoriété sont à la charge de la succession, donc supportés par l'ensemble des héritiers au prorata de leurs droits dans la succession, sauf accord contraire entre eux. C'est la règle commune pour tous les frais de succession : ils sont payés sur l'actif successoral avant le partage définitif.

Cas particulier : demande à usage personnel
Si un seul héritier demande l'acte de notoriété pour son usage propre (par exemple pour débloquer un compte personnel ou effectuer une démarche administrative qui ne concerne que lui), la pratique notariale peut mettre les frais à sa charge seule. Cette répartition n'est pas fixée par un texte unique : elle relève de la négociation entre co-héritiers ou de l'appréciation du notaire en fonction de l'intérêt commun ou individuel de l'acte.

Voir aussi : Qui paie les frais de notaire dans une succession.


5. Délai et démarche pour obtenir l'acte de notoriété

Quand le demander ?

Aucun délai légal n'impose d'établir l'acte de notoriété dans un temps précis après le décès. Cependant, il conditionne toute démarche patrimoniale (déblocage de fonds, vente, donation). En pratique, vous devez le demander dès l'ouverture de la succession pour éviter les blocages auprès des banques ou des administrations. Plus vous attendez, plus vous risquez de retarder le règlement complet de la succession.

Comment se déroule la démarche ?

Voici les étapes concrètes :

  1. Prendre rendez-vous avec un notaire
    Vous pouvez choisir librement le notaire : aucune obligation de saisir le notaire habituel du défunt ni un notaire proche géographiquement. Si les héritiers n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le choix du notaire, le président du tribunal judiciaire peut en désigner un sur requête (art. 813 du Code civil).

  2. Rassembler les pièces nécessaires
    Le notaire vous demandera généralement :

    • l'acte de décès du défunt ;
    • les actes de naissance des héritiers ;
    • le livret de famille ;
    • éventuellement l'acte de mariage du défunt et tout testament ou donation au dernier vivant ;
    • les pièces d'identité et justificatifs de domicile des héritiers.
  3. Audition de témoins
    Le notaire auditionne deux témoins qui attestent des liens de parenté entre le défunt et les héritiers (art. 730-1 du Code civil). Ces témoins peuvent être des membres de la famille, des proches ou toute personne ayant connaissance de la situation familiale du défunt.

  4. Signature et remise de l'acte
    Une fois l'acte rédigé, il est signé par le notaire et les parties. Le notaire remet ensuite aux héritiers des expéditions (copies authentiques) de l'acte de notoriété, qui pourront être présentées aux banques, administrations et autres tiers.

Durée habituelle
Pour une succession simple, comptez quelques jours à deux semaines entre la prise de contact et la remise de l'acte. En présence d'une succession complexe (héritier inconnu, testament contesté, situation familiale recomposée nécessitant des recherches), le délai peut s'allonger significativement, sans qu'un texte légal ne le plafonne.


6. Acte de notoriété et bien immobilier hérité : ce qui change

Si vous héritez d'un bien immobilier, l'acte de notoriété devient le premier document exigé avant toute autre formalité. Voici pourquoi :

Base obligatoire de l'attestation immobilière
Pour inscrire le bien à votre nom au service de publicité foncière (ex-conservation des hypothèques), le notaire doit établir une attestation de propriété immobilière (ou attestation de dévolution successorale). Cette attestation s'appuie sur l'acte de notoriété : elle reprend la liste des héritiers et leurs droits pour constater officiellement le transfert de propriété du défunt vers les héritiers. Sans acte de notoriété préalable, aucune attestation immobilière ne peut être rédigée, donc aucune mutation immobilière ne peut être enregistrée.

Blocage en cas d'absence
Tant que l'acte de notoriété n'est pas établi, vous ne pouvez ni vendre, ni louer avec bail enregistré, ni donner le bien immobilier hérité. Les acheteurs potentiels et les banques exigent systématiquement la preuve que le bien appartient légalement aux héritiers, ce qui passe par l'attestation immobilière elle-même fondée sur l'acte de notoriété.

Coût global à anticiper
L'acte de notoriété (environ 60–70 € TTC) n'est qu'une première étape dans le coût total du règlement d'une succession immobilière. L'attestation immobilière génère des frais supplémentaires (émoluments de rédaction et de formalités, droits d'enregistrement, taxes de publicité foncière), qui varient selon la valeur du bien et la complexité du dossier. Pour plus de détails sur l'ensemble des frais notariaux, consultez Le rôle du notaire dans une succession.


Voir le barème complet des droits de succession : https://www.reussir-une-succession.fr/notaire-succession

Rappel important
Les informations présentées dans cet article ont une visée informative et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Toute succession présente des spécificités propres (situation familiale, régime matrimonial, présence de testaments ou donations antérieures) qui nécessitent l'analyse d'un notaire. Seul un professionnel du droit peut valider la situation juridique réelle de votre dossier et vous indiquer avec certitude les démarches à accomplir.

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

Voir le guide complet : Le notaire