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Rappel fiscal des donations : la règle des 15 ans expliquée

17 juillet 2026 · 8 min de lecture · Réussir une Succession

Rappel fiscal des donations : la règle des 15 ans

Rappel fiscal des donations : ce que la règle des 15 ans change pour votre succession

Vous avez reçu une donation il y a quelques années et vous vous demandez si elle sera prise en compte au moment de la succession du donateur ? La réponse dépend d'un seuil : 15 ans. Ce délai détermine si l'administration fiscale réintègre ou non une donation antérieure dans le calcul des droits de succession. Concrètement, passé ce délai, l'abattement fiscal utilisé lors de la donation se reconstitue intégralement, comme si la donation n'avait jamais eu lieu sur le plan fiscal.

Le rappel fiscal des donations : principe et délai légal

Le rappel fiscal des donations consiste à intégrer les donations antérieures dans l'assiette taxable d'une succession ou d'une nouvelle donation, afin d'éviter qu'un même abattement soit utilisé plusieurs fois dans un laps de temps trop court. L'article 784 du Code général des impôts fixe ce mécanisme et pose le délai de référence : 15 ans.

Ce délai de 15 ans court à compter du jour où la donation a été consentie, pas du jour du décès du donateur. Si une donation a été effectuée il y a 14 ans et 11 mois, elle sera rappelée fiscalement au moment de la succession. Si elle a été effectuée il y a 15 ans et un jour, elle ne le sera pas.

Ce principe s'applique à toutes les donations entre vifs, quel que soit le lien de parenté (parents-enfants, grands-parents-petits-enfants, frère-sœur, etc.). Le délai de 15 ans est en vigueur depuis la loi du 16 août 2012 pour les donations réalisées ou les successions ouvertes à compter de cette date.

Que se passe-t-il si la donation a moins de 15 ans ?

Si la donation antérieure a été consentie dans les 15 années précédant la succession (ou une nouvelle donation), l'administration fiscale la réintègre dans le calcul des droits. Concrètement, l'abattement déjà utilisé lors de la première donation est déduit de l'abattement disponible au moment de la succession.

Exemple chiffré : un parent donne 100 000 € à son enfant en 2015. L'abattement en ligne directe (parent-enfant) est alors de 100 000 €. L'enfant ne paie donc aucun droit de donation. Le parent décède en 2025, soit 10 ans plus tard. Au moment de la succession, l'administration fiscale rappelle la donation de 2015 : l'abattement résiduel disponible pour l'enfant est de 100 000 € (abattement en vigueur en 2025) moins 100 000 € (déjà consommé en 2015), soit 0 €. L'enfant devra donc payer des droits de succession sur l'intégralité de sa part d'héritage, sans pouvoir bénéficier d'un nouvel abattement.

Ce mécanisme concerne uniquement le calcul fiscal des droits : la donation elle-même reste acquise à l'héritier sur le plan civil, elle ne « revient » pas dans la succession.

Que se passe-t-il si la donation a plus de 15 ans ?

Si la donation a été effectuée il y a plus de 15 ans, elle n'est plus rappelée fiscalement : l'abattement se reconstitue intégralement, comme si la donation n'avait jamais eu lieu. L'héritier peut donc bénéficier à nouveau de l'abattement complet prévu par le barème en vigueur au moment de la succession.

Reprenons l'exemple précédent : le parent donne 100 000 € en 2005 et décède en 2025, soit 20 ans plus tard. La donation de 2005 n'est pas rappelée, car elle est antérieure au délai de 15 ans. L'enfant bénéficie donc à nouveau de l'abattement complet (100 000 € en 2025, selon le barème en vigueur) pour calculer les droits de succession sur sa part d'héritage.

Point d'attention : cette reconstitution porte sur l'abattement fiscal, pas sur la valeur du bien transmis. La maison ou la somme donnée il y a 20 ans reste acquise à l'héritier : seul le « crédit fiscal » (l'abattement) est remis à zéro sur le plan fiscal.

Quels abattements restent disponibles après un rappel fiscal ?

Lorsqu'une donation antérieure de moins de 15 ans est rappelée, l'administration calcule l'abattement résiduel : abattement légal en vigueur au moment de la succession, moins la fraction déjà consommée lors de la (ou des) donation(s) antérieure(s).

Le montant de l'abattement légal dépend du lien de parenté entre le donateur et l'héritier. Pour connaître le barème complet des abattements applicables (ligne directe, entre frères et sœurs, entre neveux et nièces, etc.), consultez tout savoir sur la donation et ses règles fiscales.

Ça dépend du lien de parenté :

  • En ligne directe (parent-enfant) : abattement de 100 000 € par parent et par enfant (barème en vigueur au 1er janvier 2025, à vérifier dans le barème officiel au moment de la donation ou de la succession).
  • Entre frères et sœurs : abattement réduit (15 932 € en 2025, sous conditions).
  • Entre neveux et nièces : abattement limité (7 967 € en 2025).
  • Entre non-parents ou parents éloignés : pas d'abattement ou abattement très faible.

Si plusieurs donations ont été consenties dans la fenêtre de 15 ans, toutes sont cumulées pour déterminer l'abattement résiduel.

Cas particulier : plusieurs donations successives au même héritier

Si le donateur a effectué plusieurs donations au même héritier dans les 15 années précédant la succession, l'administration fiscale les cumule toutes pour calculer l'abattement résiduel. Chaque donation est rappelée individuellement, et le total est déduit de l'abattement légal disponible au moment de la succession.

À savoir : le délai de 15 ans court séparément pour chaque donation. Une donation effectuée il y a 16 ans n'est plus rappelée, même si une autre donation, effectuée il y a 10 ans au même héritier, l'est encore. Ce n'est pas un « délai global », mais un délai qui court donation par donation.

Le rappel fiscal s'applique-t-il aux donations entre grands-parents et petits-enfants ?

Oui, le délai de 15 ans s'applique quel que soit le lien de parenté. Une donation consentie par un grand-parent à son petit-enfant il y a moins de 15 ans sera rappelée fiscalement au moment de la succession du grand-parent, exactement comme une donation parent-enfant.

L'abattement applicable entre grands-parents et petits-enfants est distinct de celui applicable en ligne directe parent-enfant : il est de 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant (barème en vigueur en 2025, à vérifier au moment de la donation). Pour tout savoir sur le calcul des droits et les spécificités de cette transmission, consultez notre article dédié à la fiscalité de la donation entre grands-parents et petits-enfants.

Rappel fiscal et valeur du bien : quelle base de calcul retenir ?

Lorsqu'une donation antérieure est rappelée fiscalement, la valeur réintégrée dans le calcul des droits de succession est celle du bien au jour de la donation, pas au jour du décès. Ce principe est posé par l'article 784 du CGI et vise à figer la valeur donnée au moment où elle a été transmise.

Concrètement : si un parent a donné un appartement valant 200 000 € en 2015, et que cet appartement vaut 300 000 € en 2025 au moment du décès, c'est la valeur de 2015 (200 000 €) qui est rappelée fiscalement pour calculer l'abattement résiduel. La plus-value réalisée entre-temps (100 000 €) reste acquise à l'héritier et n'est pas taxée une seconde fois au titre des droits de succession.

Point d'incertitude à signaler : en cas de démembrement de propriété (donation de la nue-propriété, avec réserve d'usufruit par le donateur), la base de calcul suit des règles spécifiques qui dépendent de l'âge du donateur au moment de la donation et de la date de réunion de l'usufruit et de la nue-propriété. Ces situations complexes doivent être vérifiées avec un notaire, car le barème fiscal du démembrement évolue selon l'âge du donateur.

Déclarez une donation rappelée : où et comment ?

La déclaration de succession doit mentionner toutes les donations consenties par le défunt dans les 15 années précédant son décès. Cette déclaration est établie par le notaire chargé de la succession, sur le formulaire 2705 (pour les successions simples) ou 2705-S (pour les successions complexes, avec actif immobilier notamment).

Le notaire vérifie les donations antérieures à partir des actes notariés conservés dans le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) et des registres des donations. Si vous avez reçu une donation dans les 15 ans précédant le décès, vous devez fournir au notaire une copie de l'acte de donation (ou, à défaut, toute preuve de la donation : virement bancaire, attestation, etc.).

Délai de déclaration : la déclaration de succession doit être déposée dans un délai de 6 mois à compter du décès si celui-ci a eu lieu en France métropolitaine, ou 12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger (article 641 du CGI). Passé ce délai, des pénalités de retard s'appliquent.

Disclaimer obligatoire : cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Les règles fiscales évoluent : vérifiez toujours les barèmes et abattements en vigueur au moment de la donation ou de la succession, et consultez un notaire pour sécuriser votre situation.


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Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

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