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Droits de succession oncle/tante, neveu/nièce : barème et abattement

17 juillet 2026 · 10 min de lecture · Réussir une Succession

Droits de succession entre oncle, tante, neveu et nièce

Droits de succession entre oncle, tante, neveu et nièce : barème et abattement applicables

Hériter d'un oncle ou d'une tante, ou voir un neveu ou une nièce recueillir votre succession, place immédiatement la transmission dans la catégorie des collatéraux du 3ᵉ degré. Ce lien de parenté, ni en ligne directe ni entre frères et sœurs, entraîne l'application d'un barème fiscal parmi les plus élevés du système français. Comprendre les règles applicables permet d'anticiper le montant des droits de succession dus et, le cas échéant, d'arbitrer entre conserver, louer ou vendre le bien hérité.

1. Quelle est la situation fiscale d'un neveu ou d'une nièce qui hérite ?

Un neveu ou une nièce qui hérite d'un oncle ou d'une tante relève du barème des collatéraux ordinaires. Ce statut fiscal le distingue à la fois des héritiers en ligne directe (enfants, parents) et des frères et sœurs, qui bénéficient d'abattements et de taux plus favorables. Concrètement, cela signifie un abattement réduit et un taux d'imposition élevé sur la part recueillie après déduction de cet abattement.

L'abattement applicable est fixé par l'article 779-IV du Code général des impôts et s'élève à 7 967 € par neveu ou nièce. Ce montant, personnel et non cumulable avec l'abattement d'un autre lien de parenté, est nettement inférieur à celui accordé en ligne directe (100 000 € pour un enfant) ou entre frères et sœurs (15 932 €).

1.1 Qu'est-ce qu'un collatéral au 3ᵉ degré ?

Le lien de parenté entre un oncle (ou une tante) et un neveu (ou une nièce) se mesure en degrés selon le Code civil. Un collatéral au 3ᵉ degré remonte à l'ascendant commun (les grands-parents), puis redescend jusqu'au neveu ou à la nièce :

  • Les frères et sœurs sont au 2ᵉ degré (un degré pour remonter au parent commun, un degré pour redescendre).
  • L'oncle/tante et le neveu/nièce sont au 3ᵉ degré (deux degrés pour remonter aux grands-parents, un degré pour redescendre jusqu'au neveu).
  • Les cousins germains sont au 4ᵉ degré.

Cette notion de degré structure l'ordre des héritiers défini par l'article 734 du Code civil et détermine directement le barème fiscal applicable. Plus le degré est élevé, plus la fiscalité est lourde.


2. Quel abattement s'applique entre oncle/tante et neveu/nièce ?

L'article 779-IV du Code général des impôts prévoit un abattement de 7 967 € sur la part recueillie par chaque neveu ou nièce. Cet abattement est personnel : chaque neveu ou nièce en bénéficie individuellement sur sa propre part de succession. Il n'est pas cumulable avec l'abattement d'un autre lien de parenté et ne peut être utilisé qu'une seule fois par succession.

Cet abattement de 7 967 € est significativement inférieur à ceux accordés aux héritiers plus proches :

  • 100 000 € pour un enfant héritant d'un parent (ligne directe).
  • 15 932 € pour un frère ou une sœur.

Le montant restant après abattement constitue la base taxable soumise au barème des droits de succession. Pour vérifier les montants à jour, consultez service-public.fr ou le BOFiP.

2.1 Cas particulier : le neveu ou la nièce représente un parent prédécédé

Si le parent du neveu ou de la nièce (frère ou sœur du défunt) est décédé avant le défunt ou a renoncé à la succession, le neveu ou la nièce peut hériter par représentation en vertu des articles 751 et suivants du Code civil. Dans ce cas, il ou elle prend la place de son parent dans la succession.

Point d'incertitude à signaler explicitement : la question de savoir si la représentation modifie l'abattement applicable (passage à l'abattement « frère/sœur » de 15 932 € ou maintien de l'abattement « neveu/nièce » de 7 967 €) dépend de l'interprétation des règles de dévolution et de la nature de la succession (ab intestat ou testament). Cette question relève d'une analyse cas par cas par le notaire chargé de la succession. Ne tranchez pas silencieusement : interrogez votre notaire sur ce point si vous héritez par représentation.

2.2 Exonération totale : les 3 conditions cumulatives (art. 796-0 ter CGI)

Un neveu ou une nièce peut être totalement exonéré de droits de succession, sous réserve de remplir simultanément les trois conditions suivantes, prévues par l'article 796-0 ter du Code général des impôts :

  • Être célibataire, veuf(ve), divorcé(e) ou séparé(e) de corps au moment du décès.
  • Avoir été constamment domicilié avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès.
  • Être atteint d'une infirmité l'empêchant de travailler dans des conditions normales de rentabilité.

À savoir : cette exonération est identique à celle applicable entre frères et sœurs. Elle vise à protéger les proches vivant avec le défunt et dépendants de lui économiquement. Si vous remplissez ces trois conditions, mentionnez-le explicitement au notaire lors de la déclaration de succession.


3. Quel est le barème applicable et comment calculer les droits ?

Après déduction de l'abattement de 7 967 €, la part nette taxable est soumise au barème des collatéraux ordinaires, fixé par le Code général des impôts. Pour les neveux et nièces héritant d'un oncle ou d'une tante sans représentation, le taux applicable est de 55 % sur la totalité de la base taxable.

Ce taux de 55 % s'applique de manière forfaitaire, sans progressivité. Il correspond au barème des collatéraux jusqu'au 4ᵉ degré et des personnes non parentes au-delà d'un certain degré.

Exemple chiffré :

Un neveu hérite d'un bien immobilier valorisé à 150 000 €. Il n'y a ni passif successoral déductible ni frais funéraires à déduire.

  • Valeur brute de la part héritée : 150 000 €
  • Abattement (art. 779-IV CGI) : – 7 967 €
  • Base nette taxable : 150 000 – 7 967 = 142 033 €
  • Droits de succession (taux 55 %) : 142 033 × 0,55 = 78 118 €

Le neveu devra donc régler 78 118 € de droits de succession pour recueillir ce bien.

Disclaimer obligatoire : cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Les montants réels dépendent de la valorisation exacte du bien, des éventuels passifs déductibles et de la situation familiale complète. Consultez un notaire pour obtenir un calcul définitif.

3.1 Comment se calcule la base taxable ?

La base taxable sur laquelle s'appliquent les droits de succession se calcule en plusieurs étapes :

  1. Valeur vénale du bien au jour du décès : il s'agit du prix auquel le bien pourrait être vendu dans des conditions normales de marché. Pour un bien immobilier, cette valeur est souvent établie par une expertise notariale ou une estimation d'agence.

  2. Déduction du passif successoral : on soustrait les dettes du défunt déductibles fiscalement (prêts en cours, dettes fiscales, etc.) ainsi que les frais funéraires dans la limite légale.

  3. Déduction de l'abattement personnel : on retire ensuite l'abattement de 7 967 € prévu pour chaque neveu ou nièce.

  4. Résultat = base nette taxable : ce montant est celui sur lequel s'applique le taux de 55 %.

Pour plus de détails sur le calcul des droits de succession, consultez le Guide complet sur les droits de succession de Réussir une Succession.


4. Quelle différence avec une succession entre frères et sœurs ?

La fiscalité applicable entre frères et sœurs est plus favorable que celle applicable entre oncle/tante et neveu/nièce, sur deux points principaux :

  • Abattement plus élevé : 15 932 € pour un frère ou une sœur, contre 7 967 € pour un neveu ou une nièce.
  • Barème progressif : les frères et sœurs bénéficient d'un barème à deux tranches (35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà), alors que les neveux et nièces subissent un taux unique de 55 %.
Lien de parenté Abattement Taux maximum
Enfant / parent (ligne directe) 100 000 € 45 % (au-delà de 1 805 677 €)
Frère / sœur 15 932 € 45 % (au-delà de 24 430 €)
Neveu / nièce 7 967 € 55 % (dès le premier euro après abattement)

Pour comprendre en détail le barème entre frères et sœurs, consultez l'article dédié sur les droits de succession entre frères et sœurs.


5. Dans quel délai déclarer et payer les droits de succession ?

Le délai légal de déclaration est de 6 mois à compter du décès pour un défunt domicilié en France métropolitaine, conformément à l'article 641 du Code général des impôts. Ce délai est porté à 12 mois pour un défunt décédé à l'étranger, mais ce cas sort du périmètre de cet article.

En cas de retard dans le dépôt de la déclaration ou le paiement des droits, des pénalités s'appliquent :

  • Intérêt de retard : taux fixé par l'administration fiscale (à vérifier sur bofip.impots.gouv.fr).
  • Majoration : pourcentage variable selon la durée du retard et la bonne ou mauvaise foi du déclarant.

Pour les biens immobiliers, l'administration fiscale prévoit la possibilité de demander un paiement fractionné ou différé des droits de succession, sous conditions, en application de l'article 1717 du Code général des impôts. Cette facilité peut être utile si vous ne disposez pas immédiatement de la trésorerie nécessaire pour régler l'intégralité des droits. Adressez-vous au service des impôts des particuliers (SIP) compétent pour étudier votre dossier.


6. Que faire du bien hérité : garder, louer ou vendre ?

Hériter d'un bien immobilier d'un oncle ou d'une tante soulève immédiatement une question pratique : faut-il vendre immédiatement pour financer les droits de succession, conserver et louer pour générer des revenus, ou garder le bien pour usage personnel ?

Le montant des droits de succession pesant sur un collatéral au 3ᵉ degré (taux de 55 %) est un facteur structurant de cette décision. Trois scénarios se dessinent :

  1. Vendre immédiatement : cette option permet de financer rapidement les droits de succession, mais elle nécessite une valorisation rapide du bien et peut entraîner une moins-value si le marché est défavorable. La vente dans les 2 à 4 ans suivant le décès peut bénéficier d'une exonération partielle ou totale de plus-value immobilière selon les conditions (détails à vérifier dans les textes fiscaux en vigueur).

  2. Conserver et louer : si vous disposez de la trésorerie nécessaire pour régler les droits de succession, mettre le bien en location peut générer des revenus réguliers. Cette stratégie suppose une gestion locative et une fiscalité des revenus fonciers à anticiper.

  3. Conserver pour usage personnel : si le bien présente un intérêt affectif ou pratique (résidence secondaire, proximité familiale), le garder peut se justifier, à condition de pouvoir financer les droits sans recourir à un crédit trop coûteux.

À retenir : le montant des droits de succession (55 % après abattement de 7 967 €) peut représenter une charge financière significative. Avant de décider, calculez précisément le montant des droits dus, évaluez votre capacité de financement et projetez les conséquences fiscales de chaque scénario sur 5 à 10 ans.

Pour comparer les différents barèmes et comprendre l'ensemble des règles applicables aux droits de succession, consultez le barème complet des droits de succession sur Réussir une Succession.


Sources officielles à consulter :

Disclaimer : cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Les montants et taux cités sont donnés à titre indicatif et doivent être vérifiés dans les textes fiscaux en vigueur au moment de la succession. Consultez un notaire ou un conseil en gestion de patrimoine pour obtenir une analyse adaptée à votre situation.

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

Voir le guide complet : Droits de succession