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Quote-part du conjoint survivant : droits légaux et calcul

17 juillet 2026 · 7 min de lecture · Réussir une Succession

Quote-part en présence d'un conjoint survivant

La part de chaque heritier determine l'abattement et le bareme qui lui sont appliques : calculer la part de chaque heritier et les droits de succession.

La quote-part du conjoint survivant — la part légale qui lui revient dans la succession — dépend directement de la composition familiale au jour du décès. Trois cas se distinguent : présence d'enfants communs uniquement, présence d'enfants non communs (en tout ou partie), ou absence totale de descendants. Chaque configuration ouvre des droits différents, fixés par les articles 757 et suivants du Code civil.


1. Ce que reçoit le conjoint survivant : trois situations, trois résultats différents

La quote-part du conjoint survivant varie selon une seule variable : qui survit au défunt parmi les descendants et les ascendants. Les articles 757, 757-1 et 757-2 du Code civil établissent trois scénarios distincts.

1.1. Enfants communs uniquement : le conjoint choisit entre usufruit et pleine propriété

Lorsque le défunt laisse uniquement des enfants issus du couple, le conjoint dispose d'un droit d'option prévu à l'article 757 du Code civil. Il choisit entre :

  • L'usufruit de la totalité des biens de la succession.
  • Le quart en pleine propriété de la succession.

Ce choix appartient au conjoint seul. Il est irrévocable une fois exercé.

Conséquences pratiques de chaque option :

  • Usufruit universel : le conjoint conserve le droit d'usage et de percevoir les revenus (loyers, intérêts) de tous les biens successoraux. Les enfants reçoivent la nue-propriété de l'ensemble. Le conjoint ne peut pas vendre un bien sans l'accord des nus-propriétaires.
  • Quart en pleine propriété : le conjoint devient copropriétaire à hauteur d'un quart, peut vendre sa part, mais perd le droit aux revenus des trois quarts restants, qui reviennent en pleine propriété aux enfants.

À savoir : si le défunt avait consenti une donation entre époux (donation au dernier vivant), les options du conjoint sont élargies au-delà du quart légal. Cette donation peut lui permettre de choisir par exemple le quart en pleine propriété + les trois quarts en usufruit, ou encore la quotité disponible ordinaire en pleine propriété (un tiers avec deux enfants, un quart avec trois enfants ou plus). Ces mécanismes dépassent le cadre des droits légaux et doivent être documentés avec le notaire.

1.2. Enfants non communs (en tout ou partie) : usufruit exclu, quart obligatoire

Dès qu'un enfant du défunt n'est pas issu du couple (enfant d'une union précédente ou d'une autre relation), le conjoint perd le droit d'option. L'article 757 alinéa 2 du Code civil impose alors au conjoint de recevoir obligatoirement le quart de la succession en pleine propriété, sans choix possible.

Cette règle protège les enfants d'une première union : en excluant l'usufruit universel, elle évite que le conjoint survivant ne conserve la jouissance totale de biens destinés à revenir également aux enfants non communs. Les enfants se partagent les trois quarts restants en pleine propriété, selon les règles de la réserve héréditaire (moitié pour un enfant, deux tiers pour deux enfants, trois quarts pour trois enfants ou plus).

1.3. Pas d'enfant : la quote-part dépend des autres héritiers présents

En l'absence de descendants (enfants ou petits-enfants), le conjoint hérite de la totalité de la succession en pleine propriété si aucun père, mère ou frère/sœur du défunt ne survit, selon l'article 757-2 du Code civil.

Sous-cas détaillés :

  • Père et mère survivants : le conjoint recueille la moitié de la succession en pleine propriété. Chaque parent reçoit un quart, en application de l'article 757-3 (droit de retour des ascendants). Ce droit de retour ne porte que sur les biens que le défunt avait reçus d'eux par donation ou succession, dans la limite de la quote-part recueillie par le conjoint.
  • Un seul parent survivant : le parent reçoit un quart en pleine propriété (droit de retour), le conjoint recueille les trois quarts restants en pleine propriété.
  • Ni père ni mère survivants : le conjoint hérite de 100 % de la succession en pleine propriété. Les frères et sœurs du défunt (ou leurs descendants) sont exclus de la succession, sauf exercice du droit de retour prévu à l'article 757-3 pour les biens de famille reçus par le défunt de ses ascendants.

À savoir : le droit de retour des parents s'exerce uniquement sur les biens que le défunt avait reçus de ses ascendants par donation ou succession, et uniquement dans la limite de la quote-part recueillie par le conjoint. Il ne s'applique pas aux biens acquis par le défunt lui-même.


2. Usufruit ou pleine propriété : comment comparer les deux options

Si vous êtes dans la situation du H3 1.1 (enfants tous communs), vous devez arbitrer entre usufruit universel et quart en pleine propriété. Ce choix a des conséquences directes sur la gestion d'un bien immobilier et sur la fiscalité.

Usufruit universel :

  • Vous percevez les loyers si le bien est loué.
  • Vous occupez le logement si vous le souhaitez.
  • Vous ne pouvez pas vendre sans l'accord des nus-propriétaires (vos enfants).
  • Les enfants ne reçoivent aucun revenu tant que l'usufruit est en place.

Quart en pleine propriété :

  • Vous êtes copropriétaire à hauteur d'un quart.
  • Vous pouvez vendre votre quote-part sans l'accord des autres héritiers (sauf clause contraire).
  • Vous perdez le droit aux revenus des trois quarts restants, qui reviennent aux enfants en pleine propriété.
  • Vous devez partager les décisions de gestion avec les autres copropriétaires.

Conséquences fiscales :

Les droits de succession dus par les enfants sont calculés différemment selon l'option choisie. En cas d'usufruit universel, la valeur fiscale de la nue-propriété reçue par chaque enfant est réduite selon le barème de l'article 669 du Code général des impôts, lié à l'âge de l'usufruitier. Plus l'usufruitier est jeune, plus la valeur de la nue-propriété est faible fiscalement, et donc moins les enfants paient de droits de succession immédiatement.

Barème et simulateur des droits de succession


3. Les règles légales de répartition entre tous les héritiers

La quote-part du conjoint survivant s'articule avec celle des autres héritiers selon un ordre de dévolution précis, défini par les articles 731 et suivants du Code civil. Cet ordre détermine qui hérite en premier, qui est exclu, et comment se répartissent les parts restantes après attribution de la quote-part du conjoint.

Pour comprendre comment s'enchaînent les rangs d'héritiers (descendants, ascendants, collatéraux) et quels abattements s'appliquent à chaque catégorie, consultez notre guide détaillé : Répartition entre héritiers : les règles légales.


4. Représentation successorale et quote-part du conjoint

Si un enfant du défunt est lui-même prédécédé et laisse des descendants (petits-enfants du défunt), le mécanisme de la représentation successorale entre en jeu. Les petits-enfants « représentent » leur parent décédé et viennent à la succession à sa place.

Ce mécanisme modifie la répartition des parts entre les branches d'héritiers, mais n'affecte pas directement la quote-part du conjoint survivant : celle-ci reste calculée selon les règles exposées ci-dessus (usufruit/quart en pleine propriété si enfants communs, quart obligatoire si enfants non communs).

Pour comprendre comment la représentation redistribue les parts entre les descendants et quels sont les cas où elle s'applique ou non, consultez : Quote-part et représentation successorale.


5. Renonciation d'un héritier et impact sur la quote-part du conjoint

Si un enfant renonce à la succession (acte formel devant notaire ou greffe du tribunal), sa part n'accroît pas automatiquement celle du conjoint survivant. Elle bénéficie aux autres descendants selon les règles de représentation : si l'enfant renonçant a lui-même des enfants, ceux-ci peuvent venir à la succession par représentation ; sinon, la part de l'enfant renonçant revient aux autres enfants du défunt.

Point clé : la renonciation d'un héritier ne modifie pas la quote-part légale du conjoint survivant telle que fixée par les articles 757 et suivants. Elle redistribue uniquement la part de l'héritier renonçant entre les autres descendants.

Pour les cas détaillés (renonciation d'un enfant unique, renonciation partielle d'une branche, effets sur les droits de succession), consultez : Quote-part en cas de renonciation d'un héritier.


Calculer vos droits de succession


Rappel : cette simulation a une visée informative et ne remplace pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Toute mise en œuvre concrète d'une option (usufruit, quart en pleine propriété, exercice d'un droit de retour) doit être sécurisée par un notaire, seul habilité à établir l'acte de partage et à calculer les droits de mutation.


Maillage interne récapitulatif :

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

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