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Indemnité d'occupation en indivision : calcul et recours

17 juillet 2026 · 7 min de lecture · Réussir une Succession

Indemnité d'occupation en indivision

Indemnité d'occupation en indivision : qui la doit, comment la calculer, comment la réclamer

Lorsqu'un indivisaire occupe seul un bien indivis après une succession, il doit une indemnité d'occupation aux autres héritiers. Cette somme compense la jouissance privative du bien, au-delà de sa quote-part dans l'indivision. L'indemnité est prévue par l'article 815-9 du Code civil et peut être réclamée dans le cadre du partage ou de la liquidation de l'indivision.

1. Qu'est-ce que l'indemnité d'occupation en indivision ?

L'indemnité d'occupation est une somme due par un indivisaire qui occupe le bien indivis à titre privatif, au-delà de sa quote-part, au détriment des autres héritiers. Ce mécanisme légal, inscrit à l'article 815-9 du Code civil, vise à rétablir l'équilibre entre les indivisaires : l'occupant profite seul du bien tandis que les autres en sont privés.

Un indivisaire est une personne qui détient une quote-part dans un bien indivis, c'est-à-dire un bien non encore partagé entre plusieurs héritiers. La quote-part représente la fraction du bien qui revient à chaque indivisaire (par exemple 1/3, 1/2 ou 2/5 selon le nombre d'héritiers et les règles de dévolution successorale).

L'indemnité ne s'applique que si l'occupation est privative et exclusive : la simple présence matérielle dans le bien ne suffit pas. Il faut que l'occupant empêche effectivement les autres indivisaires d'user du bien selon leur droit.

1.1 Occupation privative et droit au maintien dans les lieux : deux situations à distinguer

Trois cas de figure se présentent en pratique :

Cas 1 : l'indivisaire occupe avec l'accord des autres. Si les autres indivisaires ont donné leur accord exprès ou tacite, l'occupation peut être gratuite. Cet accord peut figurer dans une convention d'indivision ou résulter d'un simple arrangement familial.

Cas 2 : l'indivisaire occupe sans accord, en s'appropriant la jouissance exclusive. C'est le cas type où l'indemnité est due. L'occupant bénéficie seul du bien et prive les autres de leur droit d'usage : il doit alors compenser cette privation.

Cas 3 : le conjoint survivant bénéficie d'un droit temporaire au logement (article 763 du Code civil). Ce droit est gratuit pendant un an à compter du décès. Pendant cette période, aucune indemnité d'occupation ne peut être réclamée au conjoint survivant. À l'expiration de ce délai, si le conjoint continue d'occuper le logement sans accord des autres héritiers, l'indemnité redevient due. La question de la gratuité au-delà de la première année dépend de l'existence ou non d'un droit viager d'usage et d'habitation, dont les règles diffèrent : en cas de doute, consultez un notaire.

2. Dans quels cas l'indemnité d'occupation est-elle due ?

L'indemnité d'occupation est due dès lors que l'occupation est privative et excède les droits de l'occupant dans l'indivision. Trois conditions doivent être réunies simultanément :

  • Le bien fait partie de l'indivision (succession non encore partagée).
  • L'indivisaire occupe seul, en excluant de fait les autres de leur droit d'usage.
  • Aucun accord d'occupation gratuite n'a été conclu entre les indivisaires.

À savoir : si une convention d'indivision prévoit l'occupation gratuite, l'indemnité ne peut pas être réclamée pour la période couverte par cet accord. La convention doit être écrite et signée par tous les indivisaires pour faire preuve.

En l'absence d'accord, l'indemnité est due à partir du moment où l'occupation devient privative, c'est-à-dire dès que les autres indivisaires ne peuvent plus jouir du bien selon leur quote-part.

3. Comment se calcule l'indemnité d'occupation ?

3.1 La base de calcul : la valeur locative du bien

L'indemnité d'occupation est calculée à partir de la valeur locative du bien sur le marché. Cette valeur correspond au loyer que le bien pourrait générer s'il était mis en location dans des conditions normales.

L'indemnité n'est pas égale au loyer intégral : elle est pondérée par la quote-part de l'occupant dans l'indivision. Seule la fraction correspondant aux droits des autres indivisaires est due.

Formule de calcul :

Indemnité due aux autres indivisaires = valeur locative du marché × (1 − quote-part de l'occupant)

Exemple de logique de calcul (sans valeur numérique en dur) : si l'occupant détient la moitié de l'indivision, il doit une indemnité correspondant à l'autre moitié de la valeur locative. S'il détient un tiers, l'indemnité correspond aux deux tiers de la valeur locative.

La valeur locative est généralement déterminée par comparaison avec des biens similaires dans le même secteur géographique. Un expert immobilier ou un notaire peut être sollicité pour établir cette estimation en cas de désaccord.

3.2 Abattement possible pour occupation effective

La jurisprudence admet qu'un abattement puisse être appliqué sur la valeur locative pour tenir compte de la dépréciation liée à l'occupation. Un logement occupé par un indivisaire n'est pas disponible à la location libre : cette contrainte peut justifier une minoration de l'indemnité.

Point d'incertitude à signaler explicitement : le taux d'abattement varie selon les tribunaux et les circonstances de chaque affaire. Aucune valeur standard légale n'existe. Cet abattement relève de l'appréciation du juge ou de la négociation entre indivisaires : il n'est pas automatique.

4. Comment réclamer une indemnité d'occupation ?

4.1 La voie amiable : mise en demeure et convention

La première étape consiste à tenter un règlement amiable. Voici comment procéder :

1. Envoi d'une mise en demeure. Adressez une lettre recommandée avec accusé de réception à l'indivisaire occupant, en exposant les faits (occupation exclusive, absence d'accord) et en réclamant le paiement de l'indemnité. Chiffrez la demande en vous appuyant sur la valeur locative du marché.

2. Négociation d'un accord amiable. Si l'occupant reconnaît le principe de l'indemnité, vous pouvez négocier le montant et les modalités de paiement (somme globale ou paiement échelonné). Cet accord peut être formalisé dans une convention d'indivision signée par tous les indivisaires.

Pour en savoir plus sur la gestion collective du bien indivis avant le partage, consultez l'article Gérer un bien en indivision avant de sortir. Vous y trouverez également un modèle de convention d'indivision pour encadrer l'occupation ou la mise en location du bien.

4.2 La voie judiciaire : saisine du tribunal judiciaire

Si le désaccord persiste, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire du lieu de situation du bien. Le juge fixe alors le montant de l'indemnité et peut statuer rétroactivement à compter de la date de la demande ou de l'assignation.

Précision : la rétroactivité de l'indemnité au-delà de la demande en justice est une règle prétorienne (issue de la jurisprudence), dont l'application varie selon les cas. Consultez un notaire ou un avocat pour évaluer la portée de cette règle dans votre situation.

L'action judiciaire est souvent coûteuse et longue : privilégiez la voie amiable chaque fois que possible.

5. Quel est le délai pour agir ?

L'action en paiement de l'indemnité d'occupation se prescrit par 5 ans à compter du jour où le créancier a connu ou aurait dû connaître les faits permettant d'exercer son droit. Ce délai de prescription résulte de l'application de l'article 2224 du Code civil (prescription de droit commun).

Ce délai court pour chaque année d'occupation séparément : l'indemnité peut donc être réclamée année par année dans la limite des 5 ans précédant la demande. Concrètement, si vous réclamez une indemnité en 2025, vous pouvez demander le paiement des années 2020 à 2024, mais pas au-delà.

À savoir : la prescription ne court pas de la même façon si l'indivision est en cours de partage judiciaire. Des règles spéciales peuvent s'appliquer en présence d'un partage ouvert devant le tribunal. Consultez un notaire pour vérifier le point de départ du délai dans votre situation.

6. Indemnité d'occupation et partage : quel impact sur les comptes de l'indivision ?

L'indemnité d'occupation entre dans les comptes de l'indivision au moment du partage. Elle vient en déduction de la part de l'occupant ou donne lieu à une soulte (somme versée par un héritier à un autre pour compenser une inégalité dans la répartition des biens).

Exemple pratique : si l'occupant a une dette d'indemnité d'occupation de 20 000 € et que sa part dans l'indivision s'élève à 100 000 €, il ne recevra que 80 000 € au moment du partage (ou devra verser cette somme aux autres indivisaires si le bien est attribué à un autre héritier).

L'indemnité d'occupation diffère de la mise en location du bien indivis. Lorsque le bien est loué à un tiers, les loyers perçus sont partagés entre tous les indivisaires au prorata de leurs quotes-parts.

Pour une vue d'ensemble des options disponibles pour sortir de cette situation, consultez la page Sortir de l'indivision.


Simulation à visée informative : les informations présentées dans cet article ont une portée informative et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé. Chaque situation d'indivision présente des particularités : consultez un notaire ou un avocat pour obtenir un avis adapté à votre cas.


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Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

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