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Frais de donation chez le notaire : barème, droits et taxes expliqués

17 juillet 2026 · 11 min de lecture · Réussir une Succession

Frais de donation chez le notaire

Frais de donation chez le notaire : émoluments, droits et taxes, ce que vous payez réellement

Vous envisagez de transmettre un bien de votre vivant et vous vous demandez combien vous coûtera cette opération ? Les frais de donation chez le notaire regroupent plusieurs postes distincts qu'il est essentiel de comprendre avant de vous engager. Entre les émoluments du professionnel, les droits perçus par l'État et les frais annexes, le montant final varie considérablement selon la nature du bien donné et votre lien de parenté avec le bénéficiaire.

1. Ce que recouvrent les "frais de donation" : trois postes distincts

Les "frais de donation" ne désignent pas un montant unique : ils se décomposent en trois postes bien distincts, chacun répondant à une logique propre.

Les émoluments du notaire rémunèrent le travail juridique et administratif du professionnel. Ce tarif est réglementé par l'État et calculé selon un barème proportionnel à la valeur transmise, comme le précise l'arrêté du 26 février 2016 relatif aux tarifs réglementés des notaires (consultable sur Légifrance).

Les droits de donation constituent la part la plus importante du coût global dans la majorité des cas. Ils sont perçus par l'administration fiscale et varient selon le lien de parenté entre donateur et donataire, conformément aux articles 777 et suivants du Code général des impôts. Ces droits s'appliquent après déduction des abattements prévus par l'article 779 du même code.

Les frais annexes et débours regroupent les dépenses engagées par le notaire pour le compte du donateur : demandes d'état civil, états hypothécaires, documents d'urbanisme, frais de publicité foncière lorsque la donation porte sur un bien immobilier. Ces sommes sont facturées au coût réel.

Qui paie ces frais ? En principe, le donateur assume l'ensemble des frais liés à la donation, sauf clause contraire insérée dans l'acte notarié. Si le donataire prend en charge les droits de donation, cette prise en charge peut être considérée comme un avantage taxable supplémentaire par l'administration fiscale.

Pour une vision complète des mécanismes de transmission, vous pouvez consulter notre page dédiée à la donation.

2. Les émoluments du notaire : barème par tranche selon la nature du bien

2a. Donation de biens immobiliers et "autres donations" : deux barèmes, pas un seul

Le notaire applique un barème dégressif par tranches, fixé par l'article A444-67 du Code de commerce. Ce barème varie selon que la donation porte sur des biens immatériels et sommes d'argent d'une part, ou sur d'autres biens (notamment immobiliers) d'autre part.

Tranche de valeur Biens immatériels et sommes d'argent (HT) Biens immatériels et sommes d'argent (TTC) Autres donations (HT) Autres donations (TTC)
De 0 € à 6 500 € 2,322 % 2,786 % 4,837 % 5,804 %
De 6 500 € à 17 000 € 0,958 % 1,149 % 1,995 % 2,394 %
De 17 000 € à 60 000 € 0,639 % 0,767 % 1,330 % 1,596 %
Au-delà de 60 000 € 0,479 % 0,575 % 0,998 % 1,1976 %

Les taux TTC intègrent la TVA au taux en vigueur (20 %). Ces valeurs sont celles en vigueur au moment de la rédaction de cet article et issues du barème officiel publié sur notaires.fr.

Exemple concret pour un bien immobilier de 250 000 € (donation autre que somme d'argent) :

  • Tranche 1 (0 à 6 500 €) : 6 500 € × 4,837 % = 314,41 €
  • Tranche 2 (6 500 à 17 000 €) : 10 500 € × 1,995 % = 209,48 €
  • Tranche 3 (17 000 à 60 000 €) : 43 000 € × 1,330 % = 571,90 €
  • Tranche 4 (au-delà de 60 000 €) : 190 000 € × 0,998 % = 1 896,20 €

Total des émoluments HT : 2 991,99 € | Total TTC (TVA 20 %) : 3 590,39 €

Ce montant rémunère le travail du notaire, il ne comprend ni les droits de donation ni les frais annexes.

2b. Émoluments de donation avec ou sans acceptation : le cas particulier à signaler

Les émoluments peuvent varier selon que la donation est acceptée dans le même acte ou fait l'objet d'une acceptation ultérieure. Certains barèmes notariaux distinguent ces deux situations, avec des taux légèrement inférieurs lorsque l'acceptation n'est pas formalisée immédiatement.

À savoir : Cette distinction n'est pas toujours explicitée dans les barèmes publics officiels. Si vous envisagez une donation avec acceptation différée, vérifiez avec votre notaire instrumentaire le barème exact qui sera appliqué, car cette modalité peut avoir un impact sur le montant final des émoluments.

3. Les droits de donation : l'impôt prélevé par l'État

3a. Abattements selon le lien de parenté (art. 779 CGI)

Avant d'appliquer le barème progressif des droits de donation, l'administration fiscale déduit un abattement personnel qui dépend du lien de parenté entre donateur et donataire. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans pour un même donateur et un même bénéficiaire.

Montants des abattements en vigueur (consultables sur service-public.fr) :

  • Parent à enfant : 100 000 €
  • Grand-parent à petit-enfant : 31 865 €
  • Arrière-grand-parent à arrière-petit-enfant : 5 310 €
  • Entre frères et sœurs : 15 932 € (sous conditions de vie commune ou d'âge/invalidité)
  • Entre oncle/tante et neveu/nièce : 7 967 €

Cas particulier du conjoint ou partenaire de PACS : l'abattement spécifique est de 80 724 €, distinct du barème successoral. Les donations entre époux ou partenaires bénéficient d'un régime fiscal favorable, qu'il est important de ne pas confondre avec les règles applicables en matière de succession.

Règle de renouvellement : si vous avez déjà effectué une donation à un même bénéficiaire il y a moins de 15 ans, l'abattement restant disponible est réduit du montant déjà utilisé lors de la précédente donation.

3b. Barème progressif des droits après abattement (art. 777 CGI)

Une fois l'abattement déduit, la part taxable restante est soumise à un barème progressif par tranches. Voici le barème applicable en ligne directe (parent/enfant, grand-parent/petit-enfant) :

Tranche de valeur taxable Taux applicable
Jusqu'à 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Ces taux sont ceux en vigueur et consultables sur bofip.impots.gouv.fr.

Exemple concret pour un appartement de 250 000 € donné à un enfant (en supposant qu'aucune donation antérieure n'a été effectuée dans les 15 dernières années) :

  • Valeur du bien : 250 000 €
  • Abattement parent-enfant : -100 000 €
  • Part taxable : 150 000 €

Application du barème :

  • 8 072 € × 5 % = 403,60 €
  • (12 109 - 8 072) × 10 % = 403,70 €
  • (15 932 - 12 109) × 15 % = 573,45 €
  • (150 000 - 15 932) × 20 % = 26 813,60 €

Total des droits de donation : 28 194,35 €

À savoir : Les barèmes entre frères et sœurs, entre non-parents ou pour des liens plus éloignés sont nettement plus élevés. Pour comparer tous les cas de figure et comprendre les différences de traitement fiscal, vous pouvez consulter notre guide complet sur la donation.

4. Les frais annexes : taxe de publicité foncière et débours

Lorsque la donation porte sur un bien immobilier, plusieurs frais annexes s'ajoutent aux émoluments du notaire et aux droits de donation. Ces frais ne s'appliquent pas aux donations de sommes d'argent ni aux donations de biens mobiliers.

Taxe de publicité foncière (TPF) : elle est calculée sur la valeur de la nue-propriété si la donation est faite avec réserve d'usufruit, ou sur la pleine propriété dans les autres cas. Le taux applicable est de 0,60 % de la valeur du bien.

Contribution de sécurité immobilière (CSI) : elle s'ajoute à la taxe de publicité foncière et s'élève à 0,10 % de la valeur du bien transmis. Cette contribution finance le service de la publicité foncière.

Débours : le notaire engage des frais pour obtenir les documents nécessaires à la donation immobilière (état hypothécaire, documents d'urbanisme, extraits cadastraux). Ces débours sont facturés au coût réel et représentent généralement entre 80 € et 150 € selon la complexité du dossier.

Exemple chiffré pour notre appartement de 250 000 € :

  • Taxe de publicité foncière : 250 000 € × 0,60 % = 1 500 €
  • Contribution de sécurité immobilière : 250 000 € × 0,10 % = 250 €
  • Débours (estimation) : 100 €

Total des frais annexes : 1 850 €

Ces montants viennent s'ajouter aux émoluments du notaire (environ 3 590 € TTC) et aux droits de donation (28 194 € dans notre exemple), pour un coût global de 33 634 € dans le cas d'une donation d'appartement de 250 000 € à un enfant sans donation antérieure.

5. Qui paie les frais de donation : donateur ou donataire ?

La pratique courante et la règle supplétive : en l'absence de clause contraire dans l'acte de donation, les frais de donation (émoluments, droits, frais annexes) sont à la charge du donateur. C'est la règle généralement appliquée par les notaires et admise par l'usage.

Transfert contractuel de la charge au donataire : rien n'interdit au donateur et au donataire de convenir, dans l'acte notarié, que le donataire assumera tout ou partie des frais. Cette clause doit être explicitement mentionnée dans l'acte.

À savoir : impact fiscal de la prise en charge des droits par le donateur

Si le donateur prend en charge les droits de donation normalement dus par le donataire, cette prise en charge peut être requalifiée par l'administration fiscale en avantage taxable supplémentaire. Autrement dit, payer les droits du donataire peut constituer une libéralité additionnelle soumise elle-même à taxation. Ce point mérite une vigilance particulière et un conseil personnalisé auprès de votre notaire.

Pour une vue d'ensemble des mécanismes de transmission et des stratégies d'optimisation, consultez notre page Tout savoir sur la donation.

6. Ce que ces frais changent à la décision de donner de son vivant plutôt qu'à la succession

Donner de son vivant engage des frais immédiats, mais cette démarche peut générer des économies fiscales importantes à moyen et long terme. Voici les principaux arbitrages factuels à considérer.

Renouvellement des abattements tous les 15 ans en donation : chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans en franchise de droits. Sur une période de 30 ans, un couple peut ainsi transmettre jusqu'à 400 000 € par enfant sans droits de donation (2 × 100 000 € × 2 périodes). En succession, l'abattement de 100 000 € par parent ne joue qu'une seule fois.

Cumul possible donation + succession : les donations consenties depuis plus de 15 ans ne sont pas rapportées à la succession pour le calcul des droits. Donner tôt et régulièrement permet donc de transmettre un patrimoine conséquent en utilisant plusieurs fois les tranches basses du barème progressif (5 %, 10 %, 15 %), là où une transmission unique à la succession mobiliserait les tranches hautes (30 %, 40 %, voire 45 %).

Impact sur l'assiette des droits de succession futurs : les biens donnés sortent définitivement du patrimoine du donateur. Si ces biens prennent de la valeur entre la donation et le décès, cette plus-value échappe aux droits de succession. À l'inverse, les frais de donation payés immédiatement constituent une sortie de trésorerie certaine.

Donations successives et rappel fiscal : les donations de moins de 15 ans sont rapportées fiscalement au calcul des droits de succession, mais uniquement pour vérifier que la réserve héréditaire des enfants a été respectée et pour déterminer les abattements restants. Ce rappel n'entraîne pas de double imposition si les abattements ont été correctement utilisés.

L'arbitrage entre donation de son vivant et transmission successorale dépend donc de votre situation patrimoniale, de votre âge, du nombre de bénéficiaires et de votre horizon de transmission. Ces éléments factuels peuvent justifier l'engagement de frais de donation dès aujourd'hui pour réduire la charge fiscale globale.

Voir le barème complet des droits de succession et comparer les stratégies de transmission sur notre page donation.


Disclaimer obligatoire : Les calculs et simulations présentés dans cet article ont une visée informative et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé adapté à votre situation familiale et patrimoniale. Les barèmes fiscaux et réglementaires sont susceptibles d'évoluer. Pour toute décision de transmission, consultez un notaire.

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un acte notarié ni un conseil personnalisé.

Voir le guide complet : Donation